JourAméricain.La « nuitaméricaine » est un procédé bien connu dans le cinéma, il consiste àfilmer le jour en faisant croire que c’est la nuit. Ces images ont souvent une aura d’étrangeté, elles donnentune ambiance peu réaliste, le trucage reste très apparent.
Sur cette quinzaine de photos prises pour la plus part dans la nuit, je cherche à reproduire l’aura que j’ai trouvé dans les nuits équatoriales en campagne où dans la jungle amazonienne, avec ou sans lune.
Nuits sans luneElles sont profondément noires, avec une voûte céleste cristalline qui vous plonge dans les profondeurs de la voie lactée, une pluie d’étoiles qui vous rappelle qu’on est en train de voyager sur un caillou de terre, flottant quelque part dansl’univers.
Ces nuits rappellent l’amplitude infinie de l’espace qui vous renvoie à des questions comme ; l’éphémère de la vie sur terre. Le temps et la forme de l’univers. C’est peut-être cette sensation d’infini qui a poussé les hommes depuis le temps de cavernes à se poser des questions sur leur existence, et l’existence de la vie ailleurs.
C’est par l’observation minutieuse de ses cycles célestes que l’astronomie est née et parconséquent les mathématiques, les sciences.
Exprimer ce point de départ en commun qui relie toues les civilisations et du quel on n’a pas vraiment bougé, c’est l’un des intérêts de ces photos.
Nuits de pleine lune.
De l’autre côte du cycle lunaire il y a des nuits de pleine lune avec une intensité lumineuse et d’une splendeur incroyable. Elles vous permettent de voir et marcher dans la foret comme en plein jour. C’est sont des jours étoiles, à l’inverse de la nuit américaine comme si on filmait la nuit pour faire croire que c’est le jour, on peut les appeler les« jours américains ». Sauf que pour le cinéma c’est impossible de capter cette atmosphère à 24 images par seconde.
Dans ce« Jour Américain » l’Amérique, est prise comme un continent, et non comme un seul pays. Un continent où des peuples autochtones avaient des observatoires astronomiques très précis. Avant que d’autres hommes débarquenten suivant un chemin tracé dans ces mêmes étoiles.
C’est dans l’obscurité de la nuit qu’on discerne le mieux la lumière, qu’on peut l’étudier, la laisser nous surprendre, venant de partout alors qu’on l’imagine unidirectionnel. Dans ces nuits de pleine lune la lumière a cette capacité de flotter dans l’espace, de remplir tout l’extérieur et rester là, invisible autour de nous, comme nous regardant. On ne se sens jamais seul dans ces nuits au milieu de la forêt.
Emanuel Rojas.
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